Jam du Palais de la Femme

 


Vendredis  18h30-19h30 le cours avant la jam est donné par des danseurs en alternance  et  19h30-22h30 Jam

Métro: Charonne ligne 9 ou Faidherbe Chaligny 8, bus 46 et 76

La jam est le rendez-vous de pratique de la danse contact improvisation.

Cette jam n’est pas guidée, chacun est co-responsable de son bon déroulement, aussi bien au niveau personnel qu’au niveau collectif.

Les habitant(e)s du Palais de la Femme sont invités à y participer.

Cette jam favorise le sens du groupe et l’aspect social des rencontres interculturelles. 

L'équipe de la jam: Isabelle Brunaud, Arnaud Grelier, Didier Silhol et Sylvie Tiratay.

 

LA REVOLUTION PAR LE TOUCHER : DONNER LA DANSE

Karen Nelson .

Le Contact est une Révolution par le Toucher. C’est une révolution contre la tyrannie du non-toucher. C’est une politique de mouvement de l’intérieur vers l’extérieur, organisant la cassure des codes spatiaux et de la distance entre les gens. Nous connaissons le toucher amoureux, le toucher familial ou amical, mais, de fait, le toucher d’un étranger est laissé aux rencontres hasardeuses dans des lieux bondés, comme le contact entre la paume de ma main et les doigts du caissier remettant la monnaie de mon dollar. S’engager dans une danse et saisir l’opportunité d’éveiller ses sens, d’adoucir sa peau dans tous les coins et recoins d’une personne dont on connait ou non le nom, de sentir ses habits, de partager ses sueurs, de n’avoir comme relation que ces moments de mouvements partagés dans un contexte non-sexuel, modifie l’être-ensemble social.

 

Les personnes pratiquant le Contact sont des révolutionnaires. Nous nous entraînons dans l’art du toucher le sol et de nous unifier avec les forces de la Terre. Nous sentons nos corps. Nous touchons les autres. Nous bougeons nos masses, nous nourrissons les dépossédés de toucher, les affamés de confiance, les accros au moment présent, ceux qui font la confusion entre l’amour, le sexe, et le toucher. Nous apprenons à recevoir un toucher qui nourrit. Nous apprenons à permettre à nos corps d’être supportés, peut-être pour la première fois depuis l’enfance. Nous apprenons à donner le centre de notre poids à une autre personne. Nous décidons de nous ouvrir par la curiosité, la sensualité, l’émotion et la physicalité. Les tissus du corps se ramollissent et se relâchent. Les défenses se font moindres. Nous nous ouvrons. Nous transformons la haine et la peur. Nous partageons des moments de création. Nous donnons des cadeaux physiques d’imagination, d’information, d’invitations, d’idées, d’opportunités, d’instruction et de communication. Nous prenons des mesures intuitives. Nous donnons la danse.

Traduction : Florence Corin

Karen Nelson (USA) est chorégraphe improvisatrice, elle travaille le C.I depuis 22 ans. Elle a fondé et dirige Diverse Dance, un projet de recherche pour personnes handicapées, dans l’état de Washington.

Extrait du texte publié in Contact Quaterly, volume 21, 1, 1996, sous le titre : Touch revolution : giving dance.